L’INTIFADA INTENSIFIEE

28 09 2008

Il y a des avenues rectilignes, des trottoirs,
quelques maigres jardins.
La cité mystique (Smara) s’est changée
en garnison militaire et en centre commerçant.
Jemia et J.M.G. Le Clezio, Gens des nuages, Stock, 1997

par Mohamed Mahamud Embarec

Selon l’agence marocaine de presse, MAP, qui cite une source policière, « le véhicule du chef de la brigade de la police judiciaire, relevant du district provincial de Smara, a été pris pour cible, dans la nuit de dimanche à lundi, par un jet nourri de cocktails molotov ».

Officiellement, les faits se sont produits le 21/09/2008, vers 22h00, dans la rue principale du quartier Al Aouda, situé à la périphérie de la ville. Des jeunes portant des turbans ont jeté cinq cocktails Molotov de fabrication artisanale en direction du véhicule qui avait à son bord trois policiers (un officier et deux gradés) Cet acte a entièrement calciné la voiture de police, et blessé un inspecteur de police. Le lendemain, les services de police ont procédé à des opérations de ratissage de grande envergure dans les quartiers Al Aouda, Attaamir, Tan-Tan et Assalam. Au moins 34 personnes ont été le bilan non exhaustif de l’agression sauvage perpétrée par les forces de sécurité marocaines contre des citoyens sahraouis à la ville de Smara occupée, ainsi que douze domiciles saccagés, dont les biens de leurs locataires ont été détruits ou volés, selon une source du ministère sahraoui des territoires occupés et de la diaspora.

Les forces de sécurité marocaines sont intervenues violemment, laissant 24 arrestations, 10 personnes gravement blessées, majoritairement des femmes, alors que douze domiciles saccagés et ses habitants ont été agressés, battus ou insultés, a précisé la même source.

Selon le quotidien marocain « Assabah », paru le 24/09/2008, le Commandement des Forces Auxialiaires à Smara a été la cible, en 2005, d’une attaque similaire avec des cocktails molotov. L’enquête de la police n’a pas abouti à déterminer les auteurs de cette opération. Le journal indique que l’acte de Smara « est le troisième d’une série qui a commencé au mois de juillet 2007 avec l’attaque qui a ciblé une patrouille de police a El Aaiun qui s’est soldé par des blessures de différents degrés causées à trois policiers. L’opération a eu lieu au carrefour de l’avenue appelée « La visite » et l’avenue Jamal Eddine Al-Afghani. Cet acte a été précédé par une autre attaque contre un véhicule des Forces Auxiliaires dans l’Avenue El Mamoun », près du quartier Maatalla, dans la ville d’El Aaiun. »

Quelques jours auparavant, le 17/09/08, les chômeurs sahraouis diplômés contraints au chômage à la ville de Smara occupée ont organisé un sit-in pour exprimer leur solidarité avec leurs compatriotes dans les villes occupées du Sahara occidental et à Sidi Ifni (sud du Maroc), selon une source de ministère sahraoui des territoires occupés et de la diaspora.

Ils ont également dénoncé la politique de sanction collective exercée par les autorités marocaines à l’encontre des citoyens sahraouis qui réclament pacifiquement leur droit légitime à l’autodétermination.

L’Intifada pour l’Indépendance a commencé le 21 mai 2005, au lendemain d’un discours du président sahraoui dans lequel il appelait ses compatriotes dans les territoires occupés par le Maroc à la résistance. Depuis, les villes sahraouies occupées, notamment El Aaiun, Smara et Dakhla, connaissent des manifestations continues, par lesquelles les Sahraouis exigent l’exercice de leur droit à l’autodétermination.

Le Comité de Défense des droits humains a diffusé, le 25/09/2008, un communiqué urgent dans lequel il exprimait sa préoccupation pour l’aggravation de la situation des droits de l’homme dans la ville occupée de Smara suite aux dernières manifestations du lundi et mardi, 22 et 23 septembre organisées dans cette ville.

L’héroïque acte de résistance a été exécuté quelques jours après l’appel du Président sahraoui lancé le 16/09/2008 de l’Ecole du 27 février dans lequel il a demandé aux Sahraouis vivant dans les territoires du Sahara occidental occupés par le Maroc à « poursuivre l’Intifada pour l’Indépendance » déclenchée en mai 2005.

Nos concitoyens qui vivent sous l’abominable occupation marocaine veulent ainsi riposter contre les forces de la répression dont ils sont victimes tous les jours. Ils expriment ainsi leur ras-le-bol face à la violation quotidienne de leurs droits fondamentaux et dénoncer le silence complice de la MINURSO dont le contingent fait une des missions les plus apaisées et lucratives et ne souhaite qu’une chose : que les « vacances » se prolongent indéfiniment.

Ces actes de résistance arrivent aussi au moment où le Maroc intensifie son offensive diplomatique dans les couloirs de l’Assemblée Générale des Nations Unies après l’échec de la tentative d’imposer au Conseil de Sécurité son projet d’autonomie, échec concrétisé dans le départ de l’envoyé spécial, Peter Van Walsum et la tournée effectuée par Condoleeza Rice dans la région du Maghreb pour confirmer l’engagement américain dans la recherche d’une solution au conflit.
26.09.08


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